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Pixmania : la pub « iPhone 17 en double reprise » contrevient aux règles déontologiques
Rédigé par Mathieu Jahnich, publié le 05 mai 2026

En décembre 2025, une publicité de Pixmania a attiré mon attention. Il s’agit d’une affiche qui montre sur fond vert, un smartphone IPhone 17, entouré d’un cercle rose. Les textes utilisés en accroche sont : « Réinventons notre façon de consommer », « Plus accessible, plus responsable, plus flexible ».
Le site Internet de la société présente la même offre « Iphone 17 en double reprise », avec la mention « Le nouveau Apple plus accessible plus responsable, plus flexible » et, plus bas, le titre « Réinventons notre façon de consommer », « une nouvelle vie après vous » avec l’utilisation d’un pictogramme « Terre ».
Selon moi, plusieurs allégations sont de nature à tromper le public sur le moindre impact écologique du produit. J’ai alors saisi le Jury de déontologie publicitaire pour qu’il se prononce sur la conformité de ces visuels aux règles déontologiques.
Le jury a confirmé le cas de greenwashing. Cette publicité contrevient à plusieurs points de la Recommandation Développement durable de l’ARPP : impacts écocitoyens (1), véracité des actions (2), proportionnalité (3), clarté du message (4), vocabulaire (7) et présentation visuelle (8).
L’annonceur a saisi la Réviseure de la Déontologie Publicitaire. Après analyse, sa réponse a été la suivante : « L’Avis contesté ne s’expose à aucune critique sérieuse et légitime », « il n’y a pas lieu de procéder à une seconde délibération de l’affaire en cause ni de réformer l’Avis contesté. »
Vous trouverez ci-après les visuels incriminés et les principaux éléments de l’avis du JDP, dont l’intégralité est accessible sur leur site web.
Vous pourrez notamment y lire l’argumentaire de défense de l’annonceur et du média diffuseur (Médiatransports). En résumé, les deux parties estiment qu’elles « ne sauraient être tenus responsables d’une interprétation erronée du visuel par un tiers ». Le Jury et la Réviseure en ont décidé autrement.
Il ne s’agit pas d’une « interprétation erronée » de ma part, mais de l’analyse objective de l’utilisation trompeuse d’allégations environnementales textuelles et visuelles, en contradiction avec les règles déontologiques fixées par la profession :
- Un produit ne peut pas être qualifié de « plus responsable ».
- Une allégation environnementale doit être justifiée.
- Les éléments visuels ne doivent pas tromper le public sur les impacts environnementaux du produit.
Un produit ne peut pas être qualifié de « plus responsable »
Le jury relève que l’expression « plus responsable » qui figure sur le site internet et se rapporte au produit promu («Le nouveau Apple plus accessible plus responsable, plus flexible ») n’est pas conforme à la Recommandation Développement durable dès lors en effet que ce vocable ne peut être associé à des produits mais seulement, le cas échéant et sous réserve des justifications appropriées, à une démarche d’ensemble d’une entreprise présentant de sérieuses garanties en matière de limitation des incidences environnementales de ses activités.
Une allégation environnementale doit être justifiée
Les publicités assurent la promotion d’un téléphone portable de la marque Apple en mettant en avant un nouveau mode de consommation réputé « plus responsable » mais sans éclairer le consommateur sur les raisons pour lesquelles acquérir ce produit serait plus responsable, ni, a fortiori, dans quelle mesure il serait plus responsable d’acquérir ce produit.
Le Jury indique d’ailleurs à cet égard que l’expression « plus responsable » sans aucune explication, mesure ou contexte, revient quasiment à affirmer qu’il s’agit d’un produit responsable, alors que, compte tenu des conditions de productions, d’acheminement et d’exploitation des téléphones portables en général, l’affirmation devrait être, pour le moins, relativisée.
Les éléments visuels ne doivent pas tromper le public
L’utilisation de l’émoji représentant la planète terre pour promouvoir la vente d’un produit dont l’impact environnemental est globalement négatif (impact carbone, pression sur les ressources) n’est pas conforme à la Recommandation précitée au titre de la présentation visuelle et sonore.
Sur ce point, j’attire votre attention sur les propos de la Réviseure de la Déontologie Publicitaire : « La présence de l’émoji “Planète Terre” ajoutée à cette absence de contextualisation des termes utilisés est un paradoxe pour promouvoir un produit dont l’apport pour l’environnement est négatif. »
Les visuels publicitaires



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